*" - Allô ?
- Oui Bonjour, je voudrais prendre rendez vous avec M. Evidence Lucas.
- Très bien .. Nous sommes donc le 24, je peux vous proposer le .. 27 à dix huit heures. Cela vous convient-il ?
- Oui, merci beaucoup .. Aurevoir.
- Attendez .. Il me faut aussi votre nom et prénom.
- Oh ! Excusez moi. Liberté, Liberté Latour.
- Très bien, merci. Aurevoir.
- Aurevoir."Trois jours. Cela m'avait paru une éternité. Mon père m'avait encore foutu une trempe. Pourquoi ? Parce que je n'avais pas lavé sa vaiselle avant de partir. Je dus nettoyer toute la maison, il avait été prit de colère et avait tout cassé. Il m'avait frappé sur le corps. Il s'était munis d'un baton, pour sans doute, ne pas se salir les mains. Je m'en sortais bien, seulement quelques bleus.
Hilda s'était trouvé un mec. Beau garçon et très gentil. Qu'il la rende heureuse, c'était tout ce que je demandais. Guillaume était revenu avec Chris. Il fillait le bel amour. Ils étaient bien tout les deux, me disait-il. C'était l'essentiel.
Cela faisait quelques minutes que j'attendais, assise sur un fauteuil. Un panneau, interdiction de fumer. J'étais seule. Quelques magasines posés sur une table basse transparente.
- Mademoiselle Liberté Latour ?
- Oui c'est moi.
- Bonjour, vous me suivez s'il vous plait ?Un homme d'une trentaine d'année. Un visage doux. Une bouche fine. De magnifiques yeux bleus. Il était très grand, assez mince. Il était beau, il n'y avait pas à dire, doté d'un charme affolant. En sortant du cabinet, je repasserais à l'accueil, juste pour avoir le plaisir de revoir ce charmant secrétaire, m'étais-je dit. Il me fit entrer dans le cabinet.
- Asseyez vous, je vous en prie.
- Vous .. vous êtes le psy ? Enfin M. Evidence ?
- Oui c'est moi. Souria-t-il. Y-a-t-il un problème ?
- Non .. Non aucun enfin si .. je .. suis mineure et je n'ai pas très envie que mes parents sachent que je consulte un psy .. Est-ce que ..
- Est ce que vous pouvez consulter en étant mineure ?
- ...
- Habituellement, je n'ai pas le droit de faire cela..Déçue. Je me leva du fauteuil dans lequel il m'avait prié de m'assoir. J'avais attendu ses trois jours avec impatience. Je m'étais dit que j'allais être heureuse. Je m'étais même imaginée des scénaries. J'aurais peut être trouvé une solution avec mon père. Peut être aurais-je trouvé un copain, un vrai. Qui m'aimerait. Avec tout cela, plus un peu de confiance en soi. J'aurais été heureuse. Oui, c'était vrai. Tout cela, je l'avais imaginé. De voir toutes ses espérances partir à l'eau pour un manque d'ancienneté d'un peu moins d'un an. Les larmes montèrent. J'étais si triste.
- Oh ! Eh bien excusez de vous avoir fait perdre vos temps. Merci quand même. Aurevoir. Je me trouvais déjà devant la porte. Il se leva, coura presque. "
Attendez " Me disa-t-il. Je me retourna, regarda mes chaussures. Il était bel et bien grand, il devait me dépasser d'au moins deux têtes. Fallait dire qu'avec mes un métre soixante, je n'étais pas bien grande.
- Regardez moi. disait-il avec intrigation.
Je m'exécutais. Il approcha ses mains de mon visage pour sans doute secher les larmes qui avaient coulé. Par simple reflex mes bras avaient couvert toute ma tête avant même qu'il n'ait eu temps de me toucher.
- Vous savez quoi mademoiselle Liberté ? Je vais faire abstraction de cela. Et si vous reveniez vous assoir ?
Sa voix était si calme, douce. On appreciait l'entendre parler.
- Non .. Mais ne vous forcez pas. Ce n'est pas grave. Je .. Je me débrouillerais autrement. Bonne soirée.
- Comment se débrouiller avec un parent violent ?
- Comment savez vous ... ?
- Venez vous assoir ! Forcait sa voix.
Une fois assise, je lui demanda.
- Comment savez vous ?
- Ce reflex que vous avez aquis, qui n'est d'ailleurs pas une bonne chose.
Avant de commencer, je me présente Lucas. Mes patiens me tutoie generalement. Je souhaiterais que lorsque je te pose des questions. Oui, je les tutoies aussi, surtout quand elles sont mineures. Je souriais. Il faut absolument que tes réponses soient sincères. Je ne te jugerez pas, je ne suis pas là pour cela.
- Ok.
- Nous allons commencer. Tu vois ce miroir ?Il désigna un miroir fin en largueur et long en longueur. J'acquiesa.
- Mets toi devant.Il se trouvait à ma droite, à quelques métres. Une fois devant, il me tint un "
Dis moi ce que tu vois ". Intriguée je lui demandais ce qu'il voulait dire. Il me demandais de me décrire en observant les traits de mon corps.
- Alors, Euh ...
- Ne sois pas timide ... Fais comme si j'étais un copain à toi.
- Je .. Je suis brune, mes cheveux sont bouclés naturellement. Mes yeux sont vert, un peu gros. J'ai un nez pointu. J'ai une trop grosse bouche. Je ne suis pas très grande. Je ne suis pas très grosse. Je suis toute bossue. J'ai de gros genoux.
- Je peux voir ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Je suis tombée à vélo, j'ai un gros bleu dessus. Mentais-je.
- La vérité !
- Mon .. mon ..Il attendait la vérité. Je ne pensais pas que cela aller etre aussi dur.
- Père.
- Est ce que tu sais que je ne peux pas te laisser comme cela ?
- Comment ça ?
- Je vais devoir en avertir les services sociaux.
- Non ! De toute façon, je nirais !
- Liberté, ton père te bat et tu croyais que je n'allais rien faire ?
- Je vous en supplie. N'appellez personne, il ne me reste qu'un peu moins d'un an à tenir.
- A tenir ? Tu n'as pas à payer pour la lacheté de ton père !
- Je ne veux pas aller dans une famille d'accueil. Je veux rester chez moi. Je sors, vois mes amis quand je veux.
- Je suis désolé .. J'appellerais.
- Si vous faites ça, je me tue ! Je sais que vous vous en ficherez mais si on apprend que je me suis suicidée en étant votre patiente. Votre réputation risquera d'en prendre un coup. Voilà ce que je vais faire, je vais prendre mes affaires, régler ma consultation et partir. Nous nous sommes jamais vu, jamais rencontrés. Okay ?Je m'avancais vers le fauteuil pour prendre mes affaires.
- Tu ne vas nulle part. Assis toi. S'énerva-t-il.
Son index et son majeur soutenait son front. Il me regarda.
- Ne parle plus jamais de toi comme cela. Tu crois quoi ? Ma réputation .. Il pouffa. Mais j'en ai rien à faire à côté d'une vie. C'est clair ?
- N'appellez pas .. Je vous en supplie.
- Ok .. Mais .. S'il repose la main sur toi, tu m'appelles tout de suite. D'accord ?
- Promis !Il m'accompagna jusqu'à la porte. Avant qu'il n'eut le temps de l'ouvrir, je le pris dans mes bras et murmura un merci. Ce n'était pas de mon habitude, je ne me reconnaissais plus. Il avait été d'une telle gentilesse. Aucun homme ne m'avait traité de la sorte. Cela m'avait fait du bien.
- Alors ? Questionna Hilda.
- Ce rendez vous ? Compléta Guillaume.
- Riche en emotion ! Je leur raconta brevement cet entretien qui m'avait tant remué. Je leur avait épargner les scènes de larmes. Cela les auraient inquiété plus qu'autre chose. Hilda m'apprit que son copain l'avait présenté à sa mère. "
Elle m'adore ". M'avait-elle dit. Elle lui aurait proposé, de dormir chez elle de temps en temps si elle le désirait. Cela avait l'air d'être partie pour durer cette histoire. J'en étais plus que ravie pour elle.
- J'ai trompé Chris. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Je l'ai trompé avec une fille. Le pire, c'est que je ne le regrette pas tant que ça.
- Que vas tu faire alors ?
- Je ne sais pas. Faire comme s'il ne s'était rien passé je suppose.
- Mais pourtant .. Tu es amoureux de Chris non ?
- Oui mais .. il a changé. J'aimais son côté sauvage. Quand il me repoussait, qu'il m'insultait.. Maintenant, il est doux, il fait attention à moi, il est collant, il est soulant !
- Mais t'es maso ! Si je pouvais avoir ce ne serait-ce que le centième de cet amour, je serais aux anges.. Et monsieur veut qu'on l'insulte. Bravo !Les cours nous attendaient. Nous passâmes devant le portail. Julien nous regarda avec une certaine insistance. Je n'avais pas très bien compris. Je m'en fichais.
- Au fait, comment ça se passe avec le pion ?
- Il ne me plait plus.Nous rigolions en Choeur.
Quand ma main empoigna la porte de la maison. Elle ne s'ouvrait pas. Je toqua. Rien. Pas de bruit. Sa voiture était toujours là. Papa ! Criais-je. J'attendis une dizaine de minutes avant qu'il ne percute que quand on frappe à la porte, on l'ouvre. Je pris bien sûr une giffle pour avoir osé crier.
- Y'a .. Euh .. Ton vie scola.. J'sais pas quoi qu'a appelé !Je ne répondis pas.
- Oh ! Tu m'entends ? Y m'a posé .. Pleins de questions sur toi.
- Quel genre de questions ?
- Ta gueule ! C'est moi qui parle ! Y voulait savoir si t'avais ... oh et puis j'sais plus. Dégage.Je regnoignais ma chambre sans un mot.
- Ah j'me souviens. Y voulait savoir si tu avais quelqu'un. Y m'a dit que c'était pour un dossier.
- Et ... Qu'as tu répondu ? Chuchotais-je.
- Oh eh, j'en sais rien moi..
- Et .. Est ce qu'il t'a dit son prénom ?
- Jules ... Julien. J'sais plus. Dégage, j't'ai assez vu.Julien aurait appelé chez moi pour savoir si j'étais célibataire ? Qu'avait pu-t-il lui demander de plus ? Qu'attendait-il de moi ? Je mettais promis de régler tout cela après une bonne nuit de sommeil. La journée avait été epuisante. Cette rencontre avec ce Lucas m'avait toute chanboulé. Je ne pensais plus qu'à lui et à son prochain rendez vous. Oui, il m'avait fait du bien. C'était bien le seul homme qui ne fichait pas de mon existence et encore moins de ma mort. Cela m'avait choqué et flatté. Il me préferait à sa réputation. C'était minime mais personne ne m'avait encore parlé de la sorte. C'était si gentil. J'en pleurais. Mais. Je n'avais pas payé. Il ne me l'avait même pas demandé. Peut être n'avait-il pas osé ? Peut être allait-il profiter du prochain rendez vous pour me dire qu'il ne veut pas continuer ? Ou peut être avait-il tout bonnement oublié et qu'il allait me le demander la semaine prochaine ?
- Salut Maxime. Je voulais savoir qui-est-ce qui a appelé chez moi, hier ?Il se retourna et fouilla dans des dossiers.
- Je suis désolé Liberté mais personne n'a appelé chez toi. A moins qu'il n'ait omis de l'avoir écrit dans le registre.
- Ok, merci. Bonne journée. Ce n'est que deux jours avant mon rendez vous avec Lucas E. que je sus ce que Julien me voulait.
Je sortis de mon cours de français, me dirigeais vers les toilettes. Phil, un mec de ma classe, avait fait une bataille de stylo. Il fallait bien que je lave tout cela.
- c'est moi !Je me retourna. Julien.
- Pardon ?
- C'est moi qui ait appelé chez toi.Je pris un air sérieu.
- Et pourquoi ça ?
- Eh bien, tu m'interesses beaucoup.Il me plaqua contre le mur. Il souria.
- Lache moi !
- Tu sais ce que l'on raconte sur toi ?Je le repoussa du mieux que je le pouvais. Je partis rejoindre Guillaume et Hilda le plus vite possible, la peur au ventre.
La Suite Tres Bientôt.
Merci Beaucoup.
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